• conte détourné

    Ce n'est pas un poème que voici, juste un conte nouveau à partir d'un beaucoup plus ancien, "LA ROSE BLEUE"

     

    Une jeune princesse possédait toutes les qualités que l'on pût désirer. Ses yeux d'un bleu profond illuminaient un visage ravissant, et tout le monde admirait la façon qu'elle avait de raconter des histoires.

    Sa mère était morte à sa naissance, son père l'adorait et ne lui refusait rien.
    La princesse cependant avait un défaut (si, si) : se considérant comme une personne parfaite, elle exigeait que tout autour d'elle le fût également. Elle n'hésitait pas à jeter un gâteau si les fraises qui l'ornaient n'étaient pas toutes exactement de la même taille et de la même couleur ! Évidemment, aucun prétendant ne trouvait grâce à ses yeux.

    Son père qui commençait à la trouver un peu emmer… embêtante, insistait pour qu'elle se mariât, mais elle refusait tous les jeunes gens qu'il lui présentait. Un jour qu'il lui disait aimablement :
    « Trouve un mec et épouse-le, c’est ça ou le couvent ! Tu as trois mois ! », elle lui promit qu'elle épouserait celui qui lui apporterait la lune.

    Aïe, c’était pas gagné !

    « Tu préférerais pas... chais pas moi... une rose bleue, par exemple ? Enfin, un truc facile, parce que la Lune, ça... »

    Comme d’habitude, il y eut un tas de prétendants, des prétentieux plus malins les uns que les autres (enfin, qui le croyaient) qui vinrent présenter leur lune.

    Attention, rien de scabreux dans cette phrase, rien de personnel, juste des lunes... notre satellite, quoi.

    Des belles, des laides, des oranges, des bleues, des en diamant, en papier mâché, en pierre (joliment sculptée, pour l’une d’elle, dont tous les cratères étaient parfaitement représentés avec tous leurs détails, même ceux de la face cachée… enfin on suppose pour ceux-là).

    Enfin, tout plein de lunes, mais évidemment, pas la vraie.

    Et avec tout ça, le temps passait, les jours défilaient et la princesse ne se mariait pas.
    La veille du jour fatidique, le roi alla voir sa fille qui était en train, dans une crise d’énervement naturelle, de déchirer ses mouchoirs et de donner des coups de pieds dans tous les meubles.

    - Alors, tu es prête pour le couvent ? » lui demanda-t-il d’un air sérieux et attristé, mais en se marrant intérieurement à l’idée que, dès le lendemain, il serait débarrassé de son emme… ennuyeuse de fille.
    - Il le faut bien, quoique ça ne me réjouisse pas… Vous aviez raison, j’aurais peut-être du demander quelque chose de plus facile, la rose bleue, c’était une bonne idée… Dites, vous croyez pas que je pourrais… ?
    - Non, ma fille, ce qui est dit est dit, un roi ne peut revenir sur sa parole, ça ne ferait pas sérieux, qui m’obéirait ensuite ? Non, tu vois bien… Bon, c’est pas tout ça, tu as préparé ta valise ? N’oublie pas, à partir de demain, pas de servante, faudra tout faire toi-même, alors tu devrais t’y mettre tout de suite.
    - Non, Père, retenez votre jo… votre tristesse, j’ai encore jusqu’à demain soir et rien ne m’interdit d’espérer,
    - Bien, c’est ton droit, mais c’est reculer pour mieux sauter, je te le dis … La lune, non mais des fois !

    Et le lendemain matin, le soleil se leva pour éclairer un royaume en pleurs, tout le monde (sauf le roi, tu parles) y allait de sa larme en plaignant la pauvre princesse qui, courageuse, se montra au balcon du palais, raide et souriante (le maquillage et la distance, ça aide bien), pour laisser comprendre à tous qu’à son avis le sort ne pouvait lui être contraire, que quelque chose allait forcément de passer.

    Et effectivement, on entendit soudain un bruit de tonnerre cependant qu’un objet bizarre se posait avec fracas sur l’esplanade devant le château. Un truc long gris, brillant, qui se tenait vertical, comme un cigare qu’on aurait planté dans le sable (drôle d’idée tout de même). Alors que tous, autour, avaient fait silence et que le roi lui-même, bouche ouverte venait de laisser tomber son dentier au sol (le seul petit bruit que l’on entendit à cet instant), une ouverture se fit jour dans ce… machin (?) et un homme, vêtu d’un armure étrange, un prince sûrement, en sortit en demandant :

    « La Lune, c’est par là ? La NASA a eu un problème au lancement et il me semble qu’à un moment, j’ai du bifurquer vers un autre univ... »

    C’est alors qu’il vit la princesse, magnifique dans sa robe de dentelle et parée de tous ses bijoux. Il en resta sans voix mais la princesse, elle, lui cria :

    «La Lune, j’y vais aussi, attendez moi, je vais vous guider ! »

    Elle se précipita vers le grand escalier et arriva essoufflée devant l’engin, grimpa tant bien que mal à l’échelle de corde que le prince (si si) lui envoya et, dans un bruit d’enfer en même temps que d’immenses flammes rôtissaient l’herbe de l’esplanade et les façades des bâtiments qui l’entouraient, la fusée (car s’en était une, Vous, futés comme vous l’êtes, l’aviez deviné) s’envola, emportant avec elle la princesse qui allait enfin avoir ce qu’elle avait demandé.

    Voici mes enfants, l’histoire de la princesse emme… embêtante et de son vœu ridicule. Que cela vous rappelle que, dans la vie, il ne faut jamais désespérer… enfin, en général.


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