• Vieux Bonhomme

     

    Tu voudrais que le ciel tout bleu

    Donne le ton d’une aventure

    Que nous vivrions tous les deux…

    Un amour fou… Tu en es sûre ?

     

    Moi, que le ciel soit triste ou bleu,

    Je resterais un vieux bonhomme

    Trop âgé pour nous rendre heureux

    Et ridé comme vielle pomme.

     

    Regarde-nous dans le miroir,

    Tu as quinze ans et moi soixante…

    Je suis flatté par ton espoir

    Et c’est gentil que tu me tentes

     

    Mais j’accepte la vérité :

    Ta jeunesse m’est un obstacle

    Qui empêche que ta beauté

    Ne soit pour moi plus qu’un spectacle.

     

    Au grand jamais tu ne seras,

    Ce qui, crois-le, me paralyse,

    Celle que j’aurais dans mes bras

    Pour lui donner plus qu’une bise.


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  • « Permettez-moi, Madame

    « De vous chanter cet air

    « Qui vous offre mon âme

    « Dans un bouquet de vers… »

     

    J’en ai pondu des tonnes

    De ces bouquets légers

    Et jamais ne m’étonne

    Qu’ils ne soient pas aimés.

     

    Mais quand mes vers s’envolent

    Sans même être imprimés

    Mon clavier qui rigole

    Veut être encor frappé.

     

    Ne valent pas grand-chose

    Les mots que j’ai posés

    À grande ou faible dose

    Sur des bouts de papier

     

    Pourtant, moi je les aime

    Et j’écrirai toujours

    Mes si mauvais poèmes

    Jusqu’au bout de mes jours.


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  • Brave, un brin d'herbe solitaire
    Et têtu voudrait traverser
    L'épaisse couche de misère
    Blanche qui l'a emprisonné.

    Il fait froid, mes pauvres doigts gèlent,
    Si mal protégés par des gants
    Percés comme est une dentelle
    Faite à la main depuis longtemps.

    Devant moi, je vois mon haleine
    Devenir, dans un brouillard blanc,
    Dès qu’exhalée, une incertaine
    Boule de neige en un instant.

    Mes pieds dérapent sur la glace
    Comme si j'étais un enfant
    Mais je ne joue plus et me lasse
    Vite d'être un château branlant.

    Tu m'avais dit : "Si tu me laisses
    Partir sans me rejoindre au train,
    Je t'oublierais et mes caresses
    Te manqueront, c'est bien certain !"

    Alors je cours, tant que possible
    En espérant ne pas tomber
    Pour t'annoncer... et c'est risible,
    Que je veux aussi te quitter !!!


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  • Sentez-vous la fin qui s’approche

    Bardée de peurs et de reproches,

    De souvenirs et de regrets ?

     

    La sentez-vous cette tristesse

    Qui vous emplit le cœur sans cesse

    Et qui ne veut plus vous lâcher ?

     

    Entende-vous les voix anciennes

    À vos tympans, chanter l’antienne

    Du rendez-vous des disparus ?

     

    Elle arrive la dernière heure

    Qui s’affiche, ce n’est un leurre

    À l’horloge des jours perdus.


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  • Ceci n'est toujours pas un poème, juste une question que me pose la fréquentation d'un forum de poésie (que par ailleurs, j'adore) :

    Comment peut-on se dire poète, jusque dans son pseudo, en écrivant des "poèmes" en série, presque au kilomètre ?

    Écrivant, c'est certain. Pas toujours mauvais d'ailleurs, je le reconnais.

    Mais POÈTE ?

    Je ne le crois pas.

    C'était ma méchanceté du jour, merci !


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  • Ceci n'est pas un poème, évidemment, juste une réflexion sur ce qu'est la poésie...

    Je me suis rendu compte que deux visions du concept s'affrontent :

    - Ceux dont seul le sujet dit "poétique", fait la Poésie.

    - Ceux pour qui la poésie, c'est d'abord l'art de dire les choses de belle façon, pour traduire ce que vivent ou pensent les autres gens et qu'ils ne peuvent dire.

    J'avoue être plutôt, voire carrément,  de la seconde partie.

    En effet, un beau sujet, si l'écriture en est bâclée, maladroite... se trouve gâché et ne donne aucun plaisir, ou peu, en tout cas pas assez, aux lecteurs. Alors qu'un sujet, s'il est laid et désagréable, peut devenir un chef-d’œuvre, sous la plume d'un vrai poète, il n'est que de relire Baudelaire.

    Certes, je ne me compare pas à celui-ci, ni même à aucun des poètes de sa trempe, mais toujours je tente, lorsque j'écris un texte, d'obtenir que celui-ci me plaise et je me demande : s'il était d'un autre, aurais-je envie de le lire ? Regretterais-je de l'avoir lu ?

    Cela me semble les deux critères indispensable à respecter pour que le poème soit bon, indépendamment de son sujet.

    Je récapitule : un joli sujet ne donne pas forcément une œuvre "poétique".

    Un traitement de qualité (dans la mesure du possible) peut faire entrer n'importe quel sujet dans la catégorie "Poésie".

    Oualà, ma réflexion est terminée.


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  • La vie m’est difficile
    Chaque jour un peu plus,
    Existence débile
    Aux plaisirs révolus.

    Dormir est le domaine
    Où je voudrais rester,
    Car là je me promène
    En des chemins rêvés.

    Me lever m’est problème,
    Tourment chaque matin.
    Dans mon lit des poèmes
    Éclairent mes demains.

    Mais, debout, ils s’échappent
    Comme s’échappe aussi
    Le bonheur des étapes
    Parcourues dans mes nuits.

    Dès lors quand je me lève
    Je n’ai plus qu’un désir
    Pour prolonger mon rêve
    Mon lit ! Me rendormir !

    L’existence réelle,
    Chaque jour un peu plus,
    Me tourmente. C’est elle
    L’objet de mon refus.

    Quand mes draps me protègent,
    L’inquiétude s’en va
    Et mes rêves l’allègent,
    Cette vie qui me bat !


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  • Ce n'est pas un poème que voici, juste un conte nouveau à partir d'un beaucoup plus ancien, "LA ROSE BLEUE"

     

    Une jeune princesse possédait toutes les qualités que l'on pût désirer. Ses yeux d'un bleu profond illuminaient un visage ravissant, et tout le monde admirait la façon qu'elle avait de raconter des histoires.

    Sa mère était morte à sa naissance, son père l'adorait et ne lui refusait rien.
    La princesse cependant avait un défaut (si, si) : se considérant comme une personne parfaite, elle exigeait que tout autour d'elle le fût également. Elle n'hésitait pas à jeter un gâteau si les fraises qui l'ornaient n'étaient pas toutes exactement de la même taille et de la même couleur ! Évidemment, aucun prétendant ne trouvait grâce à ses yeux.

    Son père qui commençait à la trouver un peu emmer… embêtante, insistait pour qu'elle se mariât, mais elle refusait tous les jeunes gens qu'il lui présentait. Un jour qu'il lui disait aimablement :
    « Trouve un mec et épouse-le, c’est ça ou le couvent ! Tu as trois mois ! », elle lui promit qu'elle épouserait celui qui lui apporterait la lune.

    Aïe, c’était pas gagné !

    « Tu préférerais pas... chais pas moi... une rose bleue, par exemple ? Enfin, un truc facile, parce que la Lune, ça... »

    Comme d’habitude, il y eut un tas de prétendants, des prétentieux plus malins les uns que les autres (enfin, qui le croyaient) qui vinrent présenter leur lune.

    Attention, rien de scabreux dans cette phrase, rien de personnel, juste des lunes... notre satellite, quoi.

    Des belles, des laides, des oranges, des bleues, des en diamant, en papier mâché, en pierre (joliment sculptée, pour l’une d’elle, dont tous les cratères étaient parfaitement représentés avec tous leurs détails, même ceux de la face cachée… enfin on suppose pour ceux-là).

    Enfin, tout plein de lunes, mais évidemment, pas la vraie.

    Et avec tout ça, le temps passait, les jours défilaient et la princesse ne se mariait pas.
    La veille du jour fatidique, le roi alla voir sa fille qui était en train, dans une crise d’énervement naturelle, de déchirer ses mouchoirs et de donner des coups de pieds dans tous les meubles.

    - Alors, tu es prête pour le couvent ? » lui demanda-t-il d’un air sérieux et attristé, mais en se marrant intérieurement à l’idée que, dès le lendemain, il serait débarrassé de son emme… ennuyeuse de fille.
    - Il le faut bien, quoique ça ne me réjouisse pas… Vous aviez raison, j’aurais peut-être du demander quelque chose de plus facile, la rose bleue, c’était une bonne idée… Dites, vous croyez pas que je pourrais… ?
    - Non, ma fille, ce qui est dit est dit, un roi ne peut revenir sur sa parole, ça ne ferait pas sérieux, qui m’obéirait ensuite ? Non, tu vois bien… Bon, c’est pas tout ça, tu as préparé ta valise ? N’oublie pas, à partir de demain, pas de servante, faudra tout faire toi-même, alors tu devrais t’y mettre tout de suite.
    - Non, Père, retenez votre jo… votre tristesse, j’ai encore jusqu’à demain soir et rien ne m’interdit d’espérer,
    - Bien, c’est ton droit, mais c’est reculer pour mieux sauter, je te le dis … La lune, non mais des fois !

    Et le lendemain matin, le soleil se leva pour éclairer un royaume en pleurs, tout le monde (sauf le roi, tu parles) y allait de sa larme en plaignant la pauvre princesse qui, courageuse, se montra au balcon du palais, raide et souriante (le maquillage et la distance, ça aide bien), pour laisser comprendre à tous qu’à son avis le sort ne pouvait lui être contraire, que quelque chose allait forcément de passer.

    Et effectivement, on entendit soudain un bruit de tonnerre cependant qu’un objet bizarre se posait avec fracas sur l’esplanade devant le château. Un truc long gris, brillant, qui se tenait vertical, comme un cigare qu’on aurait planté dans le sable (drôle d’idée tout de même). Alors que tous, autour, avaient fait silence et que le roi lui-même, bouche ouverte venait de laisser tomber son dentier au sol (le seul petit bruit que l’on entendit à cet instant), une ouverture se fit jour dans ce… machin (?) et un homme, vêtu d’un armure étrange, un prince sûrement, en sortit en demandant :

    « La Lune, c’est par là ? La NASA a eu un problème au lancement et il me semble qu’à un moment, j’ai du bifurquer vers un autre univ... »

    C’est alors qu’il vit la princesse, magnifique dans sa robe de dentelle et parée de tous ses bijoux. Il en resta sans voix mais la princesse, elle, lui cria :

    «La Lune, j’y vais aussi, attendez moi, je vais vous guider ! »

    Elle se précipita vers le grand escalier et arriva essoufflée devant l’engin, grimpa tant bien que mal à l’échelle de corde que le prince (si si) lui envoya et, dans un bruit d’enfer en même temps que d’immenses flammes rôtissaient l’herbe de l’esplanade et les façades des bâtiments qui l’entouraient, la fusée (car s’en était une, Vous, futés comme vous l’êtes, l’aviez deviné) s’envola, emportant avec elle la princesse qui allait enfin avoir ce qu’elle avait demandé.

    Voici mes enfants, l’histoire de la princesse emme… embêtante et de son vœu ridicule. Que cela vous rappelle que, dans la vie, il ne faut jamais désespérer… enfin, en général.


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  • Je cherchais celui-ci et, nullité de ma part dans la recherche ou absence véritable, je ne l'ai pas trouvé, alors à tout hasard, le revoici :

     

    Maman je voudrais tant te dire
    Comme ton séjour trop lointain
    Me repousse et pourtant m’attire.
    Moi qui sais bien qu’un jour prochain
    A nouveau j’entendrai ton rire.

    Avec Papa tu dois te dire
    Que depuis l’un et l’autre adieu
    Que vous me fîtes sans sourire.
    Je n’ai pas été très sérieux :
    Sans vous ma fantaisie s’empire !

    Le jour s’approche où sous l’empire
    Du temps des douleurs et des soins
    Je vous retrouverai pour dire
    Combien je souffrais du besoin
    De votre amour et vos sourires.

    Maman je voudrais tant te dire
    Comme ton séjour trop lointain
    Me repousse et pourtant m’attire.
    Tends-moi tes bras que j’y sois bien
    Quand la mort me viendra détruire.
     


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  • Un jour peut-être proche
    Je ne serai plus là
    Cependant je m’accroche,
    Heureux d’être ici-bas.

    Des paquets d’inquiétudes
    M’assaillent chaque jour
    Et ce m’est tâche rude
    Que d’y demeurer sourd.

    La vie, malgré ses tares
    Et malgré ses ennuis,
    Malgré ses joies trop rares,
    Chaque jour me séduit.

    Évidemment j’ignore
    Quel jour il conviendra
    Que j’aille vers l’aurore
    Enveloppé d’un drap,

    C’est pourquoi je déguste
    Chacun de mes moments.
    Mais, ne suis pas robuste
    Et les voudrais cléments


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