• Des choses, on en fait souvent par habitude
    Sans plus savoir vraiment si on les aime ou pas.
    Elles servent surtout, face à la solitude,
    À oublier le temps qui vous mène au trépas.

    Quand trop de jours ensemble on fait bien trop d'années
    Et que toutes étaient semblables (oh combien !)
    L'envie vient s'installer dans une vie fanée
    Comme une ancienne fleur que pourtant l'on retient.

    Alors ces choses là, qu'avant on aimait faire :
    Promenades, lectures et longues discussions
    Avec les vieux amis, critiques, commentaires,
    Ne sont plus des plaisirs mais des obligations.

    Et quand on aimerait chasser ces habitudes.
    Prendre une nouveau départ une nouvelle fois,
    On découvre, impuissant, que c'est la servitude
    Où nous maintient le temps qui nous dicte sa loi.


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  • Un peu de prose pour dire une gêne causée par ce qui se passe en ce moment.

    La morale semble trouver son compte de la libération de la parole des femmes harcelées et violentées.

    C'est tout à fait exact, mais...

    Il y a un quart de siècle, la morale différait sérieusement de ce qu'elle est à présent et la plupart de ce qui est reproché à des hommes maintenant âgés ne choquait personne, pas même vraiment les victimes de ces actes qui, elles aussi, considéraient cela comme "normal" (normal n'a jamais voulu dire "bien", mais juste "dans la norme").
    Mais, pour moi, le plus gênant n'est pas dans cette évolution et dans ce regard critique que le présent porte sur le passé, ce qui est habituel (quoique, dans les cas présents, certaines réactions s'apparentent plus à l'application
    rétroactive de lois actuelles), mais sur les conséquences quotidiennes et sociales.

    J'ai toujours pensé que dans une société bien ordonnée, un accusation ne pouvait correspondre à un jugement quelque soit sa réalité. Or, c'est ce qu'on voir actuellement : tout mâle accusé d'attouchement dans le passé est, sur la foi (sans doute sincère, pourquoi pas ?) de l'accusatrice, ostracisé et puni comme si un procès légal avait eu lieu et une condamnation officielle prononcée.

    Hélas, ce n'est pas le cas et si la morale semble y gagner, la justice (qui doit être indépendante des époques et des modes morales) y perd.

    En effet, comment pourrait-on admettre qu'un homme soupçonné de crimes sexuels soit condamné sans preuve et trouver anormal qu'un autre, soupçonné de meurtre, soit lynché ? Pourtant l'histoire est pleine d'erreurs de jugement qu'une enquête détaillée a pu corriger.

    Penser que dans le cas de cambriolage et de crime de sang, une enquête soit indispensable avant le jugement et qu'elle ne le soit pas pour un crime sexuel me paraît, à moi, un négation de la Justice (avec un J majuscule) et je suis persuadé que la Morale (avec un M majuscule) a énormément à y perdre car si celle-ci ne peut plus s'appuyer sur celle-là, elle n'a plus vraiment de justification.

    J'ai, en 76 ans, vu tellement évoluer la vision de ce qui est "normal" que, j'en suis persuadé, ceux qui vivront dans un quart de siècle auront, sur notre époque, un regard sans soute aussi critique, voire plus, que celui que nous avons sur notre passé.


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  • Dites moi…

     

    Apprenez moi si l’on regarde

    Derrière soi lorsqu’on s’en va ?

    Si les visages que l’on garde

    En l’esprit nous tiennent… ou pas ?

     

    Au départ sont ils un obstacle ?

    Un clou qu’il nous faut arracher ?

    Ou bien voit-on, comme au spectacle

    Ces gens de loin, presque effacés ?

     

    À cet instant, a-t-on conscience

    Que le départ est « pour de vrai » ,

    Ou bien part-on comme en vacances

    En se disant : Je reviendrai ?

     

    Part-on vraiment sans qu’une trace

    De notre vie s’égare un peu

    Pour demeurer dans un glace,

    Un œil, un rire un cœur, un feu ?

     

    Oh, dites moi si notre fuite

    Loin de ce corps qui nous gardait

    N’est que le début d’une suite

    Ou si, vraiment, c’est terminé ?


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  • Un aveu

     

     

     

    Poète paresseux qui n’écrit pas souvent

     

    Tu dis que tu ne peux, que ta muse est fragile

     

    Et que la faire œuvrer sur un texte imbécile

     

    Serait, venant de toi, peu digne d’un amant.

     

     

     

    Tu peux te justifier, penser qu’on va te croire

     

    Alors que chacun sait que ta muse pourrait

     

    Te souffler mille vers si tu lui demandais

     

    Et que pour t’inspirer, elle sait des histoires…

     

     

     

    Mais ton cerveau dolent se préfère en sommeil

     

    Ivre de liberté, heureux de ne rien faire,

     

    Affirmant que rêver comme toi, solitaire,

     

    C’est presque composer un poème au Soleil,

     

     

     

    Poète paresseux à la plume émoussée,

     

    C’est à toi que tu mens et quand tu partiras

     

    Suivi de peu d’écrits et de vers sans éclat,

     

    Ton œuvre restera tristement oubliée.

     


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  • Un poème ? Tu veux ? Attends, je vais l’écrire...

    Pour toi, je voudrais tant avoir un vrai talent.

    Faire danser les mots en des vers affolants

    Qui te feraient rêver... et puis te voir sourire.

     

    Je veux t’émerveiller, que tu viennes me dire

    Que sur mes mots, tu peux jusqu’aux cieux, t’envoler,

    Que leur tendresse vient toujours te cajoler

    Et que c’est avec eux que j’ai pu te séduire.

     

    Je voudrais… je voudrais… mais que valent des vœux

    Lorsque pour les traduire, il n’est que l’impuissance

    Dont modeste, tu vois, je viens faire l’aveu.

     

    Mais cela ne fait rien tant que, par ta présence,

    Tu m’obliges toujours à fouiller mon cerveau

    Pour dire mon amour avec des mots nouveaux !


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  • As-tu vu ce mur qui s’approche ?

    As-tu vu comme il semble là ?

    Que son contact presque immédiat

    A bien des chances d’être moche ?

     

    Et puis les heures et les jours

    Devant ce vieux mur s’accumulent.

    Lors le moment du choc recule

    Et se prolonge le séjour.

     

    Je sais qu’il est cette frontière

    Qu’un jour il nous faut tous passer

    Mais je ne veux pas m’angoisser :

    Partir là-bas ou pour Cythère…

     

    L’important c’est d’être joyeux

    De profiter du temps qui reste,

    Rejeter toute idée funeste

    Avant d’aller voir les aïeux.

     

    Je l’ai vu ce mur qui s’approche

    Mais sur lui je ferme les yeux.

    Suffira le jour des adieux

    Que sonne clair la grosse cloche.


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  • En forme de bilan.

     

    J’ai perdu tant de temps

    À tenter que le monde

    Devienne mieux qu’avant

    Qu’aujourd’hui les secondes

    Qui vont, me précédant,

    Je les vois qui se fondent.

     

    Je n’ai rien fait de grand,

    Juste, j’ai pu survivre

    Ma femme et mes enfants

    Furent forcés de suivre,

    Sans y croire vraiment,

    Mes rêves d’homme libre.

     

    Je sais, de mes travers

    Et de mes aventures

    Qu’ils ont souvent souffert,

    Que ces années trop dures,

    Emplies de jours amers

    Pèsent sur leurs vies mûres.

     

    Je suis vieux maintenant

    Et lorsque je regarde

    Chacun des jours d’avant

    Sans que je ne les farde

    De décors éclatants,

    Mon esprit se lézarde.

     

    Je ne serai jamais

    Dans les livres d’Histoire

    Celui que je voulais.

    Mais au lieu de la gloire

    Famille que j’aimais,

    Je vous garde en mémoire.

     

    Je ne fus pas parfait,

    Pourtant je sus sincère

    Et de tout mon passé,

    De mes erreurs amères,

    J’aurais voulu garder

    Que je fus un bon père.

     

    Au jour de mon bilan,

    Je voudrais qu’on écoute :

    J’assume mon présent,

    J’assume ma déroute.

    J’ai perdu tant de temps

    À me tromper de route…


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  • Ceci n'est pas un poème, juste l'expression de questions que je me pose :

    Comment des gens qui peuvent oublier qu'ils possèdent des maisons et des appartement, pourraient-ils se mettre à la place de ceux qui ne possèdent rien ?

    Comment peuvent-ils tenter de faire croire qu'ils nous comprennent et qu'ils se préoccupent de notre sort ?


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  •  

    Un mot s’ajoute aux mots que je viens de t’écrire

    Et sans que je le veuille, un poème s’en vient.

    Bien sûr, pas un chef-d’œuvre, Un tout petit, c’est bien

    Si c’est comme je veux, « AMOUR » qu’il vient te dire.

     

    Je sais que c’est risible, un bonhomme, aujourd’hui,

    Qui, au lieu d’un texto, utilise un poème

    Pour dire à son amour : « n’oublie pas que je t’aime, »

    Et l’écrit en cent mots quand trois auraient suffit.

     

    Accroché au passé, je me sais ridicule

    Mais l’effort que je fais, c’est aussi un cadeau

    Car il faut les trouver et le placer, les mots

    Qui viennent te chanter mon amour majuscule.

     

    Je t’aime, tu le sais, mais vois-tu ce savoir

    Je pense qu’il est bon que mes mots l’entretiennent

    Et pour que chaque jour, amie tu te souviennes,

    Il viennent te parler, du matin jusqu’au soir.


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  • Il y a tant d’objets, il y a tant d’envies

    Pour lesquelles je sais qu’hélas, il est trop tard

    Pour qu’en ce temps qui reste attaché à ma vie

    Je puisse exécuter mes projets de vieillard.

     

    J’étais à peine enfant… Le temps passe trop vite

    Qui s’emplit de besoins dont on ne voudrait pas

    Car il mangent ce temps qui vous berne et s’invite,

    Pour voir s’enfuir vos jours d’ici jusqu’au trépas.

     

    J’étais à peine enfant… la vie n’est que redites

    Que moments revécus et pertes d’occasions

    Et cet enfant déjà n’est plus un néophyte

    Quand le rire du temps moque ses illusions.

     

    J’ai vécu chaque jour aussi vite qu’une heure

    Je voulais m’arrêter, mais arrêter les jours

    C’est attraper le vent (encore un autre leurre)

    Et l’enfant devient vieux avec un cœur bien lourd.

     

    Des rêves… j’en avais, des rêves magnifiques

    Pour transformer le monde et faire du présent

    Comme un conte de fée au parcours héroïque…

    Hélas je n’ai pas pu : je n’avais pas le temps !


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